UFC 315 : un gala relevé à Montréal
L’Ultimate Fightning Championship (UFC) fait les choses en grand pour son retour à Montréal en offrant un gala relevé dont le point d’orgue pourrait bien être un combat féminin. La machine bien huilée de la plus grande ligue d’arts martiaux mixtes au monde entamait la promotion de l'UFC 315, mercredi matin, en présentant les combats principaux qui retiendront l’attention le 10 mai au Centre Bell. Tout d’abord, l’Américain Belal Muhammad, qui n’a pas perdu depuis six ans, défendra sa ceinture récemment acquise contre l’Australien Jack Della Maddalena, qui file lui-même sur une série de 17 victoires. C’est une chance pour l’aspirant qui remplace le numéro deux de la division, Shavkat Rakhmonov, forfait à cause d’une blessure. Un combat relevé pour la ceinture des mi-moyens, certes, une première défense pour Muhammad, mais pas le choc au sommet espéré pour une grande finale. Les yeux pourraient alors se tourner vers l’autre combat de championnat de cette soirée. La reine des poids mouches Valentina Shevchenko mettra sa ceinture en jeu face à la Française Manon Fiorot. Il y a plusieurs trames dans le scénario de ce combat. Shevchenko est un phénomène qui domine de façon outrageuse depuis ses débuts en arts martiaux mixtes. Elle sort d’une trilogie contre la seule adversaire de sa division qui a menacé sa suprématie, la Mexicaine Alexa Grasso. Depuis qu’elle a récupéré la ceinture en septembre, Shevchenko n’a montré que très peu d’intérêt pour l’existence de son adversaire. Pendant ce temps, Manon Fiorot, arrivée tardivement dans le sport, fracassait tout sur son passage. La Française a perdu son premier combat, mais a depuis enfilé 12 victoires, fait le ménage dans sa division et a attendu patiemment sa chance. Comme elle estime que la championne lui a manqué de respect en ne prenant pas acte de sa présence, en ne la nommant pas comme potentielle adversaire, Fiorot lui a lancé un défi sur les réseaux sociaux et depuis, la marmite bout. Ça sera un combat d’arts martiaux purs. Ce que nous faisons, c'est de la violence magnifique (beautiful violence). J’ai toujours tout donné dans mes prestations. J’ai des possibilités infinies d’outils pour ce combat. Valentina Shevchenko et Manon Fiorot Photo : La Presse canadienne / Christinne Muschi Fiorot, moins flamboyante, mais tout aussi déterminée, pense qu’il s’agira d’un combat explosif entre deux Le Lavallois Aiemann Zahabi, le combattant canadien le mieux classé de l'UFC, affrontera la légende Jose Aldo chez les coqs. Zahabi a confié avoir combattu un adversaire encore plus sournois il y a quelques années : l’anxiété. Sur une lancée de cinq victoires, il veut d’abord montrer ce dont il est capable. Je veux le battre, c’est sûr, mais en donnant un bon combat, je ne peux pas perdre. Je veux rentrer dans le top 10 et ensuite, j'ai un nom en tête que je vais appeler dans le ring après ma victoire. Mais d’abord, je me concentre sur ce combat. Je veux rendre les Québécois fiers le 10 mai. Aiemann Zahabi Photo : La Presse canadienne / Christinne Muschi Le vice-président directeur de l’UFC, David Shaw, a confirmé qu’il souhaitait ajouter d’autres Canadiens à cette carte qui en compte déjà plusieurs. Peut-être des athlètes nouvellement arrivés en UFC. Peut-être aussi le Québécois Charles Jourdain. L’UFC y travaillerait activement. Jasmine Jasudavicius, de St. Catharines, présente à la conférence de presse, se mesurera à l’ancienne championne des poids pailles, la Brésilienne Jessica Andrade. Les deux combattantes sont du top 10 chez les poids mouches. Questionnée à savoir si elle pourrait donner des trucs à Jasudavicius, puisqu’elle avait déjà affronté Andrade, la Kirghize s’est bien gardée de prendre parti dans ce combat. Le Gatinois Marc-André Barriault affrontera Bruno Arruda da Silva. Barriault a connu une année compliquée en 2024 avec une série de défaites, dont deux par K.-O. Mike Malott, originaire de Waterdown, en Ontario, se mesurera à Charlie Radtke. Malott s’est remis en selle avec une victoire à Edmonton, en novembre, contre l’Américain Trevin Giles. La dernière fois que l’Ultimate Fighting Championship a tenu un gala au Québec, la chanson en tête des palmarès était Uptown Funk, la perche à égoportrait faisait fureur et Barack Obama était président des États-Unis. Les choses ont changé depuis 2015, mais la ferveur pour l’UFC est loin de s’estomper. La valeur de l’organisation était évaluée à 11,3 milliards de dollars américains l’été dernier. Il passe de la pataugeoire aux eaux profondes
, dit Muhammad de son adversaire. Ce dernier, qui venait de passer 30 heures en avion pour assister à la conférence de presse, semblait peu impressionné par les paroles de Muhammad. Della Maddalena a renoncé à un combat à Londres pour avoir l’occasion de se battre pour le titre. De l’animosité en sous-carte
Elle se présente comme quelqu’un qui vient du karaté. J’ai toujours pensé que c’était un art martial où le respect était important. Mais après avoir vu ses commentaires en ligne, je crois qu’elle est plus proche de la savate
, dit Shevchenko.
strikeuses
. Contente de se battre à Montréal, elle aura Kristof Midoux, l’ancien comparse de Georges St-Pierre, dans son coin. Et l’impact d’une victoire – elle pourrait devenir la première Française à remporter une ceinture de l’UFC - rayonnerait au-delà de son prestige personnel. C’est vrai que c’est encore un peu compliqué en France pour les femmes et pour les filles dans les sports de combat, dit-elle. J’espère qu’en prenant cette ceinture, ça va inviter plus de femmes à pratiquer ces sports.
Une occasion en or pour Aiemann Zahabi
Je vais réaliser plusieurs rêves à la fois. Me battre au Centre Bell, me battre contre un des plus grands de tous les temps. C’est bon pour moi et pour mon équipe
, dit le combattant de 38 ans.
D’autres Canadiens pourraient s’ajouter à la carte
Je sais qu’ils souhaitent l’ajouter à la carte, mais il faut trouver un adversaire et Charles Jourdain est un dur (tough guy)
, dit Shaw.
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